Jean-Pierre Floch, hydrogéologue qui a enseigné à l'Université de Limoges a su captiver son auditoire samedi 19 octobre à Saint-Gence en proposant une présentation à la fois précise et accessible sur l'ensemble des problématiques liées à l'eau en Limousin.

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Il a ainsi évoqué, entre autres :

-Les eaux souterraines qui regroupent l’ensemble des réserves d’eau qui se trouvent dans le sous-sol. L’eau est stockée dans des zones appelées aquifères, composées de roches poreuses et/ou fissurées. L’eau peut s’accumuler dans ces espaces vides pour former des nappes, qui occupent tout ou partie de l’aquifère. La profondeur des nappes est variable : les plus profondes peuvent se trouver à plusieurs centaines de mètres sous la surface. Les nappes phréatiques sont celles qui se trouvent près de la surface. Leur faible profondeur les rend facilement accessibles pour les activités humaines.

- Les roches aquifères : les eaux souterraines sont constituées de nappes d’eau abritées dans les roches de la croûte terrestre. La quantité d’eau stockée par une roche dépend de l’importance de ses pores et de ses fissures. Il s’agit généralement de quelques pourcents du volume total de la roche.

Un ensemble de roches qui peut contenir une nappe d’eau et dont les caractéristiques sont homogènes est appelé un aquifère. Les deux critères essentiels pour qu’un milieu soit aquifère sont sa porosité - présence d’espaces vides dans la roche, les pores - et sa perméabilité - capacité à laisser circuler l’eau.

- Les nappes souterraines présentes dans les régions granitique sont en relation plus ou moins directe avec les milieux aquatiques de surface. L’eau qui est présente dans les aquifères des terrains granitiques alimente les puits et sort du sous-sol  par les sources et les et par les zones  humides qui soutiennent l’écoulement des ruisseaux , rivières et fleuves, pour aller se jeter dans la mer ou dans l’océan.

Ce drainage concerne en premier lieu les cours d’eau, qui sont au contact de la nappe alluviale, présente dans le fond de la vallée.

- Niveau des nappes : le niveau d’une nappe dépend de la quantité d’eau qui entre dans la nappe par infiltration, et de la quantité qui en sort, vers les milieux aquatiques ou un autre aquifère.
Il existe donc une période de recharge de la nappe (plutôt l’automne et l’hiver) durant laquelle le niveau de l’eau dans l’aquifère monte.
Dès que la recharge cesse, le niveau baisse puisque la nappe continue de s’écouler à travers l’aquifère : c’est la période d’abaissement de la nappe. À la fin de l’été, le niveau de la nappe est au plus bas : il s’agit de l’étiage de la nappe.

La surveillance du niveau des nappes s’effectue en mesurant leur profondeur, c’est à dire l’épaisseur de la zone non saturée. Cette mesure s’effectue grâce à des dispositifs appelés piézomètres. Ce sont des forages réalisés depuis la surface, à l’intérieur desquels la profondeur de la nappe peut se mesurer.

Jean-Pierre Floch a ensuite présenté un ensemble de données chiffrées issues de mesures réalisées sur le département de la Haute-Vienne qui montrent de manière indiscutable que depuis une vingtaine d'années le niveau de nos réserves d'eau baisse sensiblement et que nous devons réfléchir à la mise en oeuvre de mesures d'économie et de partage de cette ressource :